
Longtemps occultées de l’historiographie de la Résistance, les femmes furent elles aussi présentes dans toutes les branches de la lutte.
Leur engagement était pourtant plus difficile. En 1940, les Françaises sont des mineures civiles : leur statut juridique, politique et social les maintenait en marge de la vie publique. À la différence des hommes, la plupart d’entre elles n’avaient connu ni le sport ni, surtout, le service militaire. En outre, les idéaux d’épouses et de mères les liaient plus étroitement à leur famille, et résister signifiait souvent devoir s’éloigner des siens, voire renoncer à devenir mère, comme l’explique l’historienne Rita Thalmann. Si beaucoup ont repris leur vie sans réclamer ni médaille ni statut d’ancienne combattante, on estime leur représentation entre 15 et 20 % des effectifs de la Résistance.