
Depuis novembre 2024, le docteur Christophe Riou propose un rendez-vous en ligne pour prendre en charge les consommateurs de gaz hilarant dès l’apparition des premiers symptômes inquiétants.
Quelques secondes pour s’assurer que la connexion est bonne et la tête de Benjamin* s’affiche sur l’écran du docteur Riou. « Je descends, car je n’ai pas de réseau ici, explique le trentenaire au visage pixellisé. Ma femme vient d’accoucher…
– Félicitations ! C’est une fille ou un garçon ?
– Une fille. Je suis en pleine cure ! Cela fait quatre jours que je n’ai rien pris. Je veux tout faire pour arrêter monsieur, mais j’habite près des terrains de ballons. C’est très dur pour moi.
– Je vous crois. Je suis ni juge ni flic, je suis là pour vous accompagner sans vous juger. »
Pendant une demi-heure en cette après-midi d’avril, Christophe Riou, addictologue au centre universitaire hospitalier (CHU) de Lyon, va recevoir ce patient qui consommait, jusqu’à la naissance de sa fille, entre cinq et six bonbonnes de protoxyde d’azote par jour. Surnommée « gaz hilarant » pour ses effets euphorisants, cette molécule est d’ordinaire utilisée en cuisine pour confectionner de la chantilly, ou encore dans le milieu médical pour ses propriétés anesthésiantes.