Création du Collectif des Victimes des Lasalliens

PARIS, le 1er février 2026 – Face à des décennies de silence institutionnel, les victimes de la Congrégation des Lasalliens annoncent la création de leur Collectif National. Le Collectif exige que la Congrégation sorte du déni, pour assumer sa responsabilité civile et financière, dans l’un des plus vastes scandales de violences et d’abus systémiques de l’enseignement catholique.
Depuis 1950, plus d’un million d’élèves ont fréquenté des écoles, collèges et lycées lassalliens. Si certains établissements sont depuis passés sous la tutelle des diocèses, le réseau lasallien compte aujourd’hui 150 établissements dans toute la France, faisant de cette Congrégation puissante et souvent opaque, un acteur majeur de l’enseignement catholique.
Derrière le prestige de façade, le Collectif dénonce un projet éducatif dévoyé, fondé sur un usage systématique de châtiments physiques, de tortures et d’humiliations comme outils pédagogiques. Non seulement ces enfants terrorisés ont subi des sévices qui les ont profondément affectés, mais en imposant une obéissance absolue, l’institution a créé les conditions idéales pour des prédateurs sexuels qu’elle a ensuite protégés, favorisant ainsi la pédocriminalité. Grâce à la mutation silencieuse des Frères et des Laïcs agresseurs, et à la pression, voire l’emprise sur les enfants et les familles, la Congrégation a pu étouffer les scandales et continuer à briser des vies. Cette culture de l’abus et du secret se perpétue, comme le montre l’épouvantable affaire récente de St Genès à Bordeaux (36 victimes identifiées, dont 17 viols, entre 2008 et 2023).
Les établissements concernés par des faits historiques (les « écoles de la violence ») sont notamment les suivants (liste non exhaustive) : St Charles à Chauny (02), St Joseph Lasalle à Rodez(12), La Salle Pibrac (31), St Genès à Bordeaux et Talence (33), St Jean Baptiste de la Salle à Guérande, St Joseph du Loquidy et St Felix à Nantes (44), Le Likès à Quimper(56), Nazareth à Boulogne/Mer (62), St Joseph à Mauléon (64), St Vincent à Bagnères de Bigorre (65), Francs Bourgeois à Paris (75), St Jean-Baptiste de La Salle à Rouen (76), St Augustin à St Germain en Laye (78), St Nicolas d’Igny à Igny et Passy à Brétigny/Orge (91), St Nicolas d’Issy à Issy-les-Moulineaux et Passy-Buzenval à Rueil-Malmaison (92).
À ce jour, la Congrégation se limite à une posture de compassion protocolaire et d’indemnisation dérisoire, quand ce n’est pas un mutisme complet. Le Collectif demande :
- Que la Congrégation reconnaisse catégoriquement que son projet éducatif fondé sur la violence et la terreur est un projet inacceptable qui ne respecte pas les droits fondamentaux de la personne humaine.
- L’ouverture sans restriction et immédiate des archives pour identifier les complicités hiérarchiques.
- Le lancement par la Congrégation d’un appel à témoignage pour libérer la parole des victimes.
- La création d’un fonds de réparation de 100 millions d’euros, à la hauteur du préjudice réel (vies professionnelles entravées, soins à vie, préjudices affectifs et relationnels) et du nombre de victimes.
APPEL A TEMOIGNAGES
Pour plus d’informations, rendez-vous sur la page Facebook : « Collectif des victimes des Lasalliens ».
Le collectif invite les victimes de violences physiques, psychologiques ou sexuelles, de torture et d’actes de barbarie au sein du réseau lassallien à le rejoindre pour briser l’isolement et coordonner leur action : victimes.lasalliens@gmail.com
CONTACT PRESSE : victimes.lasalliens@gmail.com
