
Nous nous trompons lorsque nous appelons un pasteur « leader ». Non, le pasteur n’est pas un chef, un leader, un petit patron, beaucoup de dérives et d’emprises découlent d’une mauvaise vision de ce qu’est un pasteur d’église.
Comprenons bien la différence.
Le leader est un chef, un commandant, un manager, un directeur.
Le pasteur est un SERVITEUR, et le serviteur de tous !
Si tous les pasteurs d’assemblées devenaient de réels serviteurs préoccupés d’abord à laver les pieds de leurs disciples, comme l’a fait Jésus, ils resteraient humbles, abordables, ouverts aux conseils, aux réprimandes du peuple de Dieu, et ne dirigeraient pas leur assemblée par une prise drastique de pouvoir et de gouvernement, A la baguette. Et malheur à celui qui le contredit, qu’il prenne la porte.
Désolé, mais le pasteur n’est pas un PDG qui roule en grosse voiture, porte moultes chevalières, est intéressé par l’argent, et manipule les chrétiens pour arriver à ses fins personnelles.
Le pasteur n’impose pas, il propose, tout en dirigeant avec tact.
Le pasteur ne manipule pas, il conseille et éduque.
C’est un éducateur et un formateur dans l’âme, il aime ses brebis et donne sa vie pour elles. Il aime se sacrifier et renoncer à sa propre vie, à ses propres pouvoirs, à ses propres désirs d’être vu, connu, aimé et honoré, puis élevé devant tous.
Il aime rester petit, humble, effacé, tout en exerçant son autorité spirituelle comme le faisait Jésus : dans le calme, la fermeté, sans bruit ni sensationnalisme, sans chercher à plaire, et en mettant d’abord en pratique ce qu’il enseigne.
Le pasteur n’aime pas d’abord les estrades et les discours, mais il aime donner des soins, et se trouver dans l’assemblée avec un stéthoscope et une pharmacie de secours. Il est là avec un bassin et lave les pieds des disciples.
Le pasteur ne cherche jamais à se rendre indispensable aux autres, et son rôle n’est pas d’abord de commander, mais d’apporter des soins, pour que ses brebis deviennent autonomes de lui, et grandissent avec équilibre et maturité. Certes, il est le responsable du troupeau, mais pas un leader, un chef qui dirige une entreprise pour qu’elle grandisse et rapporte des bénéfices.
Le pasteur n’est pas d’abord un faiseur de miracles et de guérisons, avec grands roulements de tambour, mais un enseignant, il enseigne par son comportement. Il ne cherche pas à rendre Dieu visible au travers des dons et de son ministère, non.
Dieu est caché et aime rester caché. Il est un Dieu doux et miséricordieux. Ce n’est pas un prestidigitateur qui attire d’abord par le sensationnel, mais par l’amour qui est discret et humble, dans un murmure doux et léger.
Lorsque le pasteur veut diriger avec fermeté son troupeau, il se place à l’avant. Lorsque tout va bien, il se met sur les côtés du troupeau. Lorsqu’il voit que le troupeau a un excellent comportement autonome, il peut se mettre derrière, et son rôle sera alors d’observer quelles sont les brebis qui sont fidèles, obéissantes, disciplinées. Pourquoi ? pour les établir dans des responsabilités à sa place.
Mes amis, fuyez les églises où le pasteur est omniprésent, omniscient, omnipotent ! Il se prend pour Dieu… il est toujours devant son troupeau, et jamais sur les côtés, ni caché derrière. Il brille par son orgueil et son autosuffisance.
Pasteur Philippe Auzenet
(pasteur d’une assemblée durant 14 années)