«J’ai grandi sans repère de l’intime»
Coline Berry décrit alors «des viols répétés, presque chaque week-end, le sexe de mon père dans ma bouche en guise de trompette ou de flûte». «Je garde encore aujourd’hui le souvenir de l’odeur, le souvenir des sensations, le souvenir des images, des traces qui restent et qui ne s’effacent pas», ajoute-t-elle. «Mais l’inceste ce n’est pas qu’un moment, c’est un climat. C’est une imprégnation lente, diffuse, constante. Il y avait les gestes, les baisers, les chatouilles, les jeux imposés. Mais il y avait aussi l’absence de pudeur, la nudité, les portes ouvertes les corps exposés, y compris dans les rapports sexuels. J’ai grandi sans repère de l’intime, sans limite, sans protection.»