
De notre correspondant à l’UNI Lasalle, Institut Polytechnique – Rouen
Suite aux dénonciations de crimes et d’abus dans le réseau des 150 Écoles Lasalliennes en France (à noter : en Irlande, 800 plaintes viennent d’être déposées contre le réseau d’Écoles), par le Collectif nouvellement créé, des VICTIMES DES ÉCOLES LASALLIENNES, l’institution à Rouen a envoyé une note d’information personnelle à leurs étudiants. Notre correspondant sur place nous a alerté.
Voici ce communiqué :
» Chères étudiantes et chers étudiants,
Vous avez peut-être entendu ou on vous a rapporté des propos tenus sur France Inter hier matin et relayés par d’autres médias ce jour, portant sur des abus étant intervenus dans des collèges ou lycées du réseau lasallien.
Aussi bouleversant cela soit-il, il est essentiel que les victimes soient entendues, que leur parole soit prise en compte pour faire toute la lumière et que la justice soit rendue quand les faits sont avérés.
Pour autant, les agissements de quelques-uns, condamnables, souvent anciens, ne sauraient remettre en cause le dévouement de toute une communauté éducative profondément attachée au projet lasallien.
Nous sommes bien entendu en contact rapproché avec les responsables du réseau qui nous tiendront informés, si besoin, des évolutions de la situation.
Nous restons bien sûr à votre écoute et à votre disposition si besoin. »
Que dire ? L’institution lasallienne a très peur. Les dépêches AFP du Collectif de victimes lasalliennes, très bien documentées et vérifiées par recoupement des informations données par les très nombreuses victimes, sont authentiques, le Collectif conserve les coordonnées de chaque victime ainsi que les noms des agresseurs, et leurs méfaits, abus et crimes, et recoupe les informations entre elles pour être sûrs de leur authenticité.
Ces méfaits sont de trois ordres :
- abus physiques très nombreux, coups, violences et blessures sur les enfants scolarisés
- abus mentaux : maltraitance orale, humiliations et emprises psychologiques sur les élèves, menaces si elles parlent à l’extérieur, dépersonnalisation, blessures d’injustice, de rejet, d’abandon, de trahison, insultes, abaissements constants, refus des différences
- abus sexuels, allant de « la main dans la culotte durant les confessions ou les cours de catéchèse », les tentatives de pénétration sur les petits garçons (=viols), les demandes de fellations sur les religieux, ou les fellations des religieux sur les petits garçons (pédophilie), les projections de films X aux enfants durant la catéchèse (avec attouchements durant les films), les caresses sous la ceinture, les m*sturbations sur les élèves, les viols et caresses sur les petites filles, la prise de vidéos sous les douches des jeunes filles, et les menaces si elles – ils en parlent. Cf la triste affaire récente de l’École Lasalle de St-Genès, avec 36 plaintes dont 17 viols par un seul professeur, affaire qui sera jugée en 2026
La note d’information ci-dessus, envoyée à tous les étudiants de l’UNI Lasalle de Rouen, comporte des inexactitudes et des propos que je qualifierai d’immaturité totale et de moquerie envers les victimes de crimes.
- ##### les agissements de quelques-uns, condamnables, souvent anciens, ne sauraient remettre en cause le dévouement de toute une communauté éducative profondément attachée au projet lasallien #### : l’institution se défausse de sa responsabilité criminelle dans les attouchements, viols et abus des centaines de victimes qui sont en train de sortir de l’ombre… et la minimise totalement. Pas de demande de pardon aux victimes, pas de repentir, pas de prise de conscience qu’un crime est un crime, et que la prescription ne saurait enlever la gravité très importante des faits : un viol commis reste un viol à vie, avec une victime totalement détruite à vie. Un viol n’est jamais ancien, (sauf chez les Lasalliens qui commettent des abus de conscience) il demeure un crime dans la vie quotidienne de chaque victime, avec des conséquences post-traumatiques graves et à vie
- #### Aussi bouleversant cela soit-il, il est essentiel que les victimes soient entendues, que leur parole soit prise en compte pour faire toute la lumière et que la justice soit rendue quand les faits sont avérés #### : la plupart des victimes nous rapportent qu’elles ont été entendues une seule fois, puis « silence radio » total, ce qui fut d’ailleurs mon cas, je suis resté 10 mois sans que l’institution ne réponde à mes mails hebdomadaires. Puis l’institution a pris peur en voyant que je m’avançais pour créer un Collectif, avec d’autres victimes, alors elle m’a recontacté personnellement… uniquement par peur…
Dont acte.
Philippe Auzenet, pasteur et chroniqueur, ancien aumônier des Prisons, et cofondateur du Collectif des victimes Lasalliennes. Ancienne victime très gravement atteinte par l’institution lasallienne JBS Rouen 1958-1961